Étiquette : différence de classe sociale

Au fil des pages avec Quelque chose à te dire

J’ai lu Quelque chose à te dire de Carole Fives (éd. Gallimard, août 2022, 176 pages), un court roman contemporain se déroulant principalement à Paris, pendant les années de pandémie de 2020/2021.  Elsa Feuillet, une mère divorcée quadragénaire, ayant en résidence alternée son jeune fils et vivant à Lyon est devenue écrivaine tant elle admire l’œuvre de la grande Béatrice Blandy qui vient de brutalement décédée d’un cancer mais sans avoir son talent ni son aisance sociale. Approchée par son mari désormais veuf, Thomas Blandy, de 25 ans son aîné, Elsa commence à nouer une relation, une semaine sur deux, avec lui en s’installant dans l’appartement parisien du couple resté en l’état depuis la mort de Béatrice et tout en continuant à se vouvoyer. Fascinée, elle va peu à peu se glisser dans la vie de la défunte romancière qui aurait laissé un dernier manuscrit qui semble pourtant ne pas exister. Jeu de miroirs ou jeu de dupes ?

J’ai emprunté ce roman à la médiathèque car il est présenté, au terme de la quatrième de couverture comme un « thriller troublant ». Je ne sais pas qui la cataloguer ainsi mais on est bien loin d’un thriller psychologique comme les deux références dont fait état l’autrice et qui ont été toutes les deux adaptées en film par Alfred Hitchcock: Rebecca de Daphné du Maurier (film de 1940) et Entre les morts de Boileau-Narcejac (film de 1958 sous le titre Sueurs froides). J’ai, en effet, trouvé que l’intrigue traînait en longueur malgré le fait que ce soit un roman court. Le récit se révèle d’une platitude ennuyante, sans tension dramatique et bien terne comparé à Rebecca ou Sueurs froides. Le fait d’en avoir fait mentionner ôte tout suspens au récit puisqu’on comprend très vite qu’il y est aussi question d’une machination et le twist final n’en est finalement pas un.

L’autrice ne va pas non plus au bout de sa tentative d’orienter le récit vers une touche fantastique dans l’admiration maladive d’Elsa pour Béatrice et son snobisme, ce qui tombe très vite à plat et devient bien incongru. ll y est aussi question de création artistique, du travail d’écriture ou la question du plagiat… Un roman sans originalité et qui sera vite oublié et au parisianisme bien appuyé (et bien insupportable) au même titre que leurs différences d’âge et de statut social!

Pour la petite anecdote, j’ai récupéré à Noël dernier plusieurs romans de jeunesse dans le grenier des mes parents afin de les proposer à mon mini lutin parmi lesquels Sans Atout et le Cheval Fantôme, le premier tome d’une série policière jeunesse et paru pour la première fois en 1971. De mon côté, après cette lecture, j’ai bien envie de revoir ou relire Sueurs Froides

Participation #9 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Thriller

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Objet: « Chose »

Au fil des pages avec Récitatif

J’ai lu Récitatif de Toni Morrison (éd. Christian Bourgeois, août 2022, 140 pages), la seule nouvelle de cette autrice publiée pour la première fois aux États-Unis en 1983. Plusieurs fois dans leur vie, Twyla et Roberta se croisent, après une première rencontre à 8 ans, dans les années 50, au foyer de St-Bonaventure « St-Bonny » dans lequel elles vont nouer une forte amitié pendant 4 mois, se trouvant des points communs (non orphelines puisqu’elles ont une mère défaillante, mauvaises élèves et soudées face à la méchanceté des plus grandes, déportant leur animosité sur une personne plus vulnérable qu’elle: Maggie, la vieille cuisinière du foyer, muette et « de couleur sable »). Chaque rencontre fortuite les font se replonger dans leur passé, notamment sur ce qui est arrivé à Maggie et témoignent d’un parcours de vie différent. Que peut-il subsister de leur amitié enfantine? 

Au-delà des destins croisés des deux héroïnes, entre souvenirs, culpabilité, souffrances et jalousie, cette nouvelle est pour le moins déstabilisante tant elle nous met nous lecteur comme troisième protagoniste, Toni Morrisson faisant le choix audacieux, pour évoquer « la question raciale », de ne pas dévoiler la couleur de peau de Twyla et Roberta, si ce n’est que l’une est Blanche et l’autre est Noire. Mais qui est qui? Rien n’est moins sûr tant notre perception se modifie au fil des phrases. Cela interroge ainsi nos idées et représentations préconçues, préjugés et biais de pensée, terreau propice aux dérives identitaires et politiques…

Mais cela a-t-il vraiment son importance dans les expériences vécues par ces deux femmes? Peu importe notre couleur de peau, les expériences humaines sont similaires. Au fil des années, leurs désaccords sont plus liés à leur différence de classe sociale, Roberta ayant réussi socialement alors que Twyla est restée pauvre. D’ailleurs, la postface de Zadie Smith tout aussi longue de la nouvelle l’analyse et éclaire sur le plan historique certains indices disséminés pour mieux nous faire douter par Toni Morrison, comme les lieux choisis qui ne seront plus forcément parlant à un lecteur (non-américain) des années 2020. Une nouvelle à lire indéniablement! 

Pour d’autres avis sur cette nouvelle: Enna, Blandine.

Participation #4 AAHM Challenge 2026 d’Enna

Au fil des pages avec Des gens comme il faut

J’ai lu, en e-book, Des gens comme il faut de Florence Chataignier (éd. Le Cherche Midi, mai 2024, 243 pages), un court premier roman « autobiographique » et dont l’illustration de couverture est une photographie personnelle de l’autrice. Au décès de son père, Fleurianne « Fleur » Cannelier entame un long processus de deuil en descendant, chaque jour, à la cave, ouvrir les boîtes et cartons de son passé remplis de lettres, photos, coupures de presse ou autres objets conservés, pour ne pas dire accumulés. Se replonger dans ses souvenirs est douloureux pour cette quadragénaire tant sa famille avait l’obsession des apparences et peu d’affections. Quelle vérité cherche-t-elle à découvrir en remontant le fil du temps? 

Malgré son aspect autobiographique, je ne me suis pas attachée à cette famille dysfonctionnelle et pourtant tristement banale, entre un père Jean Cannelier homosexuel refoulé mais éphébophile, une mère Madeleine volage et dépressive de 15 ans sa cadette, une sœur ainée, Apolline « Nine » la rebelle droguée mais préférée du père et la narratrice qui est, si je puis dire, la mieux lotie avec sa santé fragile, ses TOC et sa soif d’exemplarité en réponse aux imperfections de sa famille et qui n’était pas le fils tant attendu du père. Sans oublier un mariage fondé sur une différence de classe sociale: une Chti (de Cambrai) dans une famille bourgeoise et parisienne, tenant à son étiquette sociale à défaut d’être fortunée.

Au fil des « caves » et non des chapitres, on suit Fleur dans un passé reconstitué, sans qu’elle soit omnisciente mais quand même suffisamment, de l’histoire parentale: ses grands-parents, son père et sa mère où se mélangent ses propres souvenirs, confidences et secrets de famille – de Polichinelle pour la plupart dans les années 70/80, avec une touche faussement (inutilement) scabreuse et provocatrice à l’image de la photo de couverture. Connaît-on vraiment ses parents? Il y est ainsi question de deuil, de souvenirs d’enfance, d’héritage, de transmission, de faux-semblants, de rendez-vous manqués avec ce couple parental si mal assorti… 

Je n’ai pas non plus apprécié son style d’écriture, trop ampoulé avec pourtant des phrases courtes et l’emploi d’expressions qui m’ont fait souvent lever les yeux tant c’était pompeux ou juste inséré pour faire mouche mais qui m’ont semblé finalement bien fade et artificiel (comme le « chevillé au corps » employé deux fois) ou pour marquer la distance avec ses parents, le fait de les appeler par leurs prénoms et sans émotions palpables. Il n’y a pas vraiment de fil conducteur si ce n’est que la quadragénaire ouvre des boîtes dans sa cave dans laquelle, au fil des mois, un arbre improbable surgit. Même cette métaphore de l’arbre, je l’ai trouvée ratée et me rappelant trop le nénuphar dans L’Écume des jours de Boris Vian. 

Après ma lecture, des questions demeurent. Par exemple, quelle est la part autobiographique et qui restera en héritage à ses enfants? Quelle trace fictive et déconstruite cela laissera-t-il d’elle envers eux? Ce roman aurait-il été publié si l’autrice ne travaillait pas dans le monde audiovisuel? Une lecture bien peu originale, ennuyante et qui sera vite oubliée tant le propos est éculé: « la vérité n’existe pas, il ne reste que la mémoire des sentiments »!

Enfin, il y est question d’un stage de la narratrice effectuée dans un orphelinat en Inde mais de façon tout aussi fugace, superficiel et parcellaire dans les méandres des souvenirs de la narratrice et dont elle conservera une statue de Ganesh dans la cave, comme pour mieux refléter son exemplarité et témoigner, sans doute, pour ses enfants, qu’elle n’a pas fait d’écarts de conduite, envers celui qui sera son futur époux. 

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Pronom personnel sujet: « Il »

Participation #2 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #Inde des années 90

Au fil des pages avec Le fantôme de Canterville

J’ai lu, en version numérique via ma médiathèque, Le fantôme de Canterville d’Elléa Bird (éd. Jungle, octobre 2018, 64 pages), une adaptation en BD jeunesse à partir de 9/10 ans de la nouvelle éponyme d’Oscar Wilde. A la fin du XIXe siècle, la famille Otis, de riches Américains, viennent s’installer en Angleterre, en achetant le le château de Canterville Chase, l’ancien propriétaire les avertissant de la présence terrifiante de Sir Simon de Canterville, un fantôme hantant les lieux depuis plus de 300 ans. Mais contre toute attente, le fantôme est bien en peine face à la présence de cette famille qui n’a pas peur de lui, entre moqueries des parents et plaisanteries des jumeaux. Et si la présence de Virginia, âgée de 15 ans, lui permettait de trouver enfin le repos?

Graphiquement, au vu de l’illustration de couverture qui donne le ton et qui m’avait attirée, j’ai trouvé que le trait était un peu trop grossier à mon goût à l’intérieur mais reste plaisant. J’ai apprécié retrouver l’ambiance de la nouvelle avec un fantôme qui n’arrive pas à effrayer cette famille américaine, bien trop moderne pour lui et qui arrive à rationaliser, à son grand désespoir, tous ses gestes surnaturels et même à le tourner en dérision, même si le tout est moins sombre, surtout dans la partie rédemption du fantôme, grâce à l’empathie de l’adolescente. Il y est question du « choc des cultures » entre des Américains de la bourgeoisie d’affaires ou du monde politique (le père étant ministre) et la vieille aristocratie anglaise. Un bon moment de lecture rigolo avec cette adaptation réussie et assez fidèle à la nouvelle dont la première parution date de 1887 et qui se termine avec un petit dossier thématique et un quizz! J’ai enfin noté quelques bulles gourmandes.

La BD de la semaine chez Fanny pour cette semaine

Participation # Challenge Halloween 2025 de Hilde et Lou #Fantôme/Manoir hanté

Participation #11 Challenge 2025 sera classique aussi! de Nathalie #Oscar Wilde

Participation #6 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #BD jeunesse

Participation #20 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2025 de Bidib et Fondant

Des romances historiques « Amour Interdit/Différence de classe sociale » en janvier 2024

Courant janvier 2024, je me suis inscrite pour le challenge Romance Historique 2024 proposé par l’autrice, Sarah M. Carr avec chaque mois un thème dédié. Un collectif d’autrices avec sa tête Thallie Perrot s’est également joint au challenge, La Guilde des Histos. Pour plus d’infos, n’hésitez pas à y participer à votre tour et à rejoindre le groupe FB dédié « Romances historiques et autres futilités »: ici et/ou La Guilde des Histos sur Instagram: ici. On peut y retrouver de nombreuses idées lecture. 

Ce billet de suivi a été actualisé, même si j’ai oublié de le mettre en ligne, tout le long du mois de janvier 2024, le thème de ce mois-ci étant le trope « Amour interdit/Différence de classe sociale« .

Parmi les romances proposées sur ce thème par l’organisatrice et la guilde, j’ai noté celles que j’avais déjà lues, certaines pouvant se recouper avec d’autres thèmes des mois à venir du challenge, comme celui par exemple celui de mars « De la haine à l’amour » (enemies to lovers) et de juillet, « Âmes sœurs/Friends to lovers »:

  • Persuasion de Jane Austen (éd. Plume en vol, 2021, 153 pages), roman posthume publié pour la première fois en Angleterre en 1818 avec la différence de classe sociale entre Anne Elliot, fille d’un baronnet et Frederick Wentworth, jeune officier dans la marine sans fortune mais qui se recroisent 8 ans plus tard.
  • le tome 4 de Longhope Abbey, La femme de ma vie de Mia Vincy (éd. J’ai lu, juillet 2023, 352 pages), une romance historique se déroulant en Angleterre avec la différence de classe sociale entre Léopold « Léo » Halton, duc de Dammerton, collectionneur d’objets d’art et qui après un divorce houleux, souhaite se remarier avec une riche jeune femme et ainsi financer sa fondation Dammerton et Juno Bell, la cousine pauvre de son meilleur ami Hadrian et artiste, le jeune homme pensant alors qu’il est tenu de mettre alors un terme à son amitié avec la jeune femme. 
  • le dernier tome (T4) de la saga historique des MacLean, Inconcevable affection de Liv Fox (éd. Autoédition, 2023, 399 pages), une romance historique se déroulant dans les Highlands avec le benjamin de la famille MacLean, Alexander qui est amené à choisir entre son amie d’enfance, Elsie Miller, la dame de chambre de sa belle-sœur Charlene et Miss Amanda Williams, une jeune lady anglaise dont le père est en affaires avec Neil.
  • le tome 2 de Héros malgré eux, La belle des hautes terres de Betina Krahn (éd. J’ai lu pour elle (n° 13884), coll. Aventures & Passions, août 2023, 384 pages), une romance historique se déroulant en Angleterre en 1883 entre Barclay Howard (un homme riche, au physique de grand méchant et qui se prend pour un chevalier blanc du type « Ivanhoé ») qui vient d’être désigné tuteur de son jeune cousin de 6 ans par le testament de son grand-père et Norah Capshaw que le jeune homme engage comme préceptrice (une jeune femme écossaise, pauvre, orpheline et dont la vie semble en danger).
  • le tome 3 de Dernière chance, Le grand retour de Willa d’Eva Leigh (éd. J’ai lu, coll. Aventures & Passion, octobre 2023, 352 pages) avec la romance se déroulant en 1819 entre Domimic Kilburn et Willa Ransome, contraints de se côtoyer lors d’une partie de campagne sur une île écossaise, un an après la rupture de leurs fiançailles, Dom s’étant enfui le jour de leur mariage grâce à l’aide de ses deux meilleurs amis, Kieran et Finn, les frères de Willa.
  • Recherche gentleman fortuné, Guide à l’usage des jeunes filles de Sophie Irwin (éd. Calman-Lévy, 2023, 396 pages), une romance historique se déroulant sous la Régence anglaise, en 1818, entre Kitty Talbot, âgée de 20 ans, l’aînée d’une fratrie de 5 sœurs quitte le cottage familial dans le comté du Dorset pour se  rendre à Londres, le temps de la saison, y chercher un mari fortuné et Lord James Radcliffe, un comte marqué par la guerre contre Bonaparte.

Ce mois-ci, j’ai lu dans le thème:

  • le tome 10 des Audacieuses, Une cavalcade trépidante d’Emma V. Leech (éd. Autoédition, janvier 2024,  346 pages), une romance historique se déroulant en Angleterre et qui suit cette fois la romance entre Lady Héléna Aldophus, la sœur cadette du duc de Lorny et Gabriel Knight malgré leur différence de classe sociale, les deux s’enfuyant se marier à Gretna Green, grâce à la complicité de la femme de chambre Tilly.
  • le tome 2 de Dangereuses demoiselles, La Ligue des sorcières distinguées d’India Holton (éd. J’ai lu, coll. Regency, n°13964, novembre 2023, 352 pages), une romance historique gaslamp fantasy, à l’époque victorienne, entre Charlotte Pettifer, une lady sorcière et le capitaine Alex O’Riley, un pirate irlandais, une romance interdite entre sorcières et pirates avec le trope « enemies to lovers ».
  • le tome bonus (T4) de la série de romances historiques Les alliances imposées : La Belle inconnue de Noël de Liv Fox (éd. Autoédition, janvier 2024, 282 pages), une romance historique hivernale toute mignonne et imprévue entre Lord Green, Duc de Stratford qui se fait pour un notaire de campagne se rendant à Londres et Miss Cassandra Barton en chemin avec sa tante et son domestique pour le Yorkshire, tous étant bloqués par la neige, comme d’autres voyageurs dans une auberge, la Joyeuse Halte, le temps d’un Noël et qui se poursuit par des échanges épistolaires.
  • le tome 2 de La demoiselle et le mousquetaire, Meurtre sur mesure de SD Fischer (éd. Autoédition, décembre 2023, 296 pages), une romance historique se déroulant à Paris sous le règne de Louis XIV entre Joséphine Galtier, fille d’un riche médecin et Jérôme de Faulcon de Montessand, comte et mousquetaire du Roi, les deux étant une nouvelle fois amenés à enquêter ensemble sur le meurtre d’un tailleur.

Cette liste n’est pas exhaustive et ne reflète pas toutes les romances historiques que j’ai pu lire ces dernières années sur ce thème ou lorsque j’étais bien plus jeune. Si d’autres titres me reviennent, je les rajouterai.

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