Étiquette : Bretagne

Au fil des pages avec Norig et l’or de l’île

Ayant craqué sur la magnifique illustration de couverture de cet album jeunesse en le voyant à la médiathèque en haut d’un rayonnage, je l’ai emprunté sans même lire le quatrième de couverture. Je lis donc Norig et l’or de l’île de Ghislaine Roman et Sophie Lebot (éd. Saltimbanque, 2018), un album jeunesse grand format à partir de 6/7 ans.

Norig est une jeune fille solitaire qui s’épanouit dans les landes bretonnes qu’elle parcourt à longueur de journée au point que ses parents lui confient la garde du troupeau d’oies. Mais un jour, une vieille femme mystérieuse lui prédit la destruction de son île et de toute sa faune et flore pour quelque chose pas plus grande qu’une graine de chardon. Pourra-t-elle empêcher ce funeste présage? Ou sera-t-il trop tard, après la découverte d’une toute pépite d’or par son frère?

Ce joli conte aux propos écologiques tellement d’actualité et si pertinents, notamment quand on songe à la Guyane et aux projets d’exploitation d’or, aborde notre rapport à la Nature, la préservation de ses ressources et la protection de notre écosystème. Il s’agit, en effet, de savoir si l’exploitation lucrative des richesses naturelles est plus importante que la qualité de la vie et la protection de l’environnement pour les générations présentes et futures.

Les illustrations de Sophie Lebot sont magnifiques, tant dans la description bucolique et verdoyante des landes que dans les paysages dévastés de l’île pour en récupérer l’or. Elle donne également de jolis traits expressifs à Norig tout aussi sauvage, courageuse et intrépide que les landes qu’elle parcourt et qu’elle entend préserver de la cupidité des autres habitants de l’île, quitte à être prise pour une sorcière. Coup de cœur pour cet album jeunesse poétique et qui questionne sur notre rapport à la Nature! J’avais d’ailleurs déjà eu un coup de cœur pour une autre histoire de ce duo autrice/illustratrice, La princesse à la plume blanche.

Participation #1 au Challenge Cottagecore 2021 de MissyCornish #Album jeunesse

Participation #44 au Challenge Contes & Légendes 2021 de Bidib #Conte

challenge 2021 lire au féminin

Participation #33 au Challenge Lire au féminin de Tiphanya #Autrice et illustratrice françaises

Challenge Petit Bac d’Enna #10 Catégorie Prénom: « Norig »

Au fil des pages avec L’Herbier des Fées

J’emprunte à la médiathèque L’Herbier des Fées de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe (éd. Albin Michel Jeunesse, 2011), un album jeunesse grand format à partir de 8 ans. Il s’agit du carnet intime d’un éminent botaniste russe, Aleksandr Bogdanovich qui a été envoyé, en mai 1914, dans la forêt de Brocéliande pour trouver un élixir d’immortalité. Il commence ses recherches et découvre des petits êtres. Il en fait part à son entourage resté en Russie, ses confrères aux ordres du Tsar et de Raspoutine et à sa femme Irina. Puis au fil des mois, ces rencontres irréelles le changent profondément au point d’inquiéter son entourage. Réalité, rêves ou folie? Le mystère reste entier…

Comme toujours avec Benjamin Lacombe, les illustrations sont superbes. Elles plongent le lecteur dans un monde merveilleux et onirique, celui des fées de la forêt de Brocéliande et du petit peuple qui y vit, à l’abri des regards humains. L’attitude du botaniste à l’égard des créatures qu’il découvre se transforme au fil des ans et est transposée dans les illustrations mêmes, subtil mélange entre différentes techniques (croquis, peintures à l’huile, dessins à la plume, à l’aquarelle ou encore calques et découpes au laser, effet vieilli des pages). Au début, c’est surtout le botaniste qui s’exprime, tant à travers son carnet de croquis, son journal de bord que de ses échanges épistolaires. Puis c’est l’être humain subjugué devant le petit peuple et non plus le savant. Encore une belle histoire de ce duo auteur/illustrateur!

Participation #19 au Challenge Contes & Légendes 2021 de Bidib

Challenge Petit Bac d’Enna #4 Catégorie Objet: « Herbier »

Au fil des pages avec Des vents contraires

Je viens de terminer de lire l’un de mes derniers emprunts à la médiathèque, Des vents contraires d’Olivier Adam (éd. Points, 2008, rééd. 2010), un roman court que j’ai bien apprécié et qui est le premier lu de cet auteur. Ce roman décrit une famille à la dérive après le départ inattendu de la mère.

Il y a un an déjà, Sarah est partie du jour au lendemain en laissant tout derrière elle et sans plus jamais donner le moindre signe de vie. Elle laisse derrière elle son mari, Paul Anderen et leurs deux jeunes enfants, Clément et Manon, respectivement âgés de 9 et 4 ans. Quittant sa maison dans la banlieue parisienne lui rappelant bien trop la disparue, Paul repart vivre avec les deux enfants auprès de son frère Alex et de son femme, Nadine à Saint-Malo, ville de son enfance. Que la vie est dure pour cette famille qui tente malgré tout de se reconstruire et de vivre! Chacun attend à sa façon le retour de Sarah, que ce soit Paul ou ses enfants si attachants, ayant grandi trop vite par ce départ. Saint-Malo leur sera-t-il salutaire?

J’ai mis quelques pages pour m’imprégner du style d’écriture d’Olivier Adam: des phrases longues, sans vraiment de ponctuation, mélangeant style direct parfois cru et indirect… Puis une fois adopté, ce style particulier donne son tempo à la lecture, me plongeant dans les états d’âme du narrateur, cet homme ayant perdu pied et sombré dans l’alcoolisme (incompréhension, tristesse, colère, résignation, bonheur, espoir se mélangeant inlassablement), raccroché à la vie par l’amour inconditionnel qu’il porte à ses enfants. Et cette question qui revient sans cesse: pourquoi est-elle partie comme ça? Et comme les flots de la mer et le tourbillon du vent, il y a l’alternance de noirceur et d’espoir avec des destins mêlés de personnes de tout âge aussi malmenées par la vie que lui et ses enfants, chacun portant son lot de souffrances : un père séparé de son fils, un mari trompé, des enfants projetés bien trop tôt dans des préoccupations d’adulte, etc. Sans oublier Saint-Malo et la mer, bien plus que le cadre de vie de l’histoire, des personnages à part entière. Il y a une omniprésence charnelle de cette mer comme de Sarah, la mère absente.

C’est une histoire touchante qui reflète pourtant la vie réelle de bien des familles, en cas de disparition/séparation comme en témoignent le flux continu d’affaires devant les Juge aux Affaires Familiales, Tribunaux pour Enfants ou dans le pire des cas, les Tribunaux correctionnels ou Cours d’Assises… Un bon moment de lecture malgré parfois des facilités dans l’histoire (des rencontres de Paul qui arrivent bien trop à propos) ou des erreurs commises dans la procédure pénale (et non, en France, le retrait par la victime de sa plainte en matière familiale n’entraîne pas son classement, le Procureur de la République étant détenteur de l’opportunité des poursuites)! Il ne me reste plus qu’à voir le film adapté de cette histoire mais aussi à lire d’autres romans de cet auteur comme par exemple Je vais bien, ne t’en fais pas (déjà vu en film).

Challenge Petit Bac d’Enna #7 Catégorie Son: « Vents »

© 2021 JOJO EN HERBE

Theme by Anders NorenUp ↑