Étiquette : années 2000

Au fil des pages avec Les 1001 conditions de l’amour

Pour une lecture commune avec Nathalie et Hilde, j’ai lu Les 1001 conditions de l’amour de Farahad Zama (éd. JC Lattès, mai 2012, 350 pages), un roman contemporain paru pour la première fois en 2009 et se déroulant à la même époque, à Vizag, dans le Sud de l’Inde et dans lequel on retrouve les protagonistes du tome précédent, Le Bureau de mariage de M. Ali.

Dans ce nouveau tome, les clients du Bureau de mariage sont moins présents, le récit se concentrant sur le fils de M. Ali, Rehman et sur son assistante, Aruna. Les deux jeunes gens tentent, bon gré mal gré, de vivre comme ils l’entendent, malgré le poids des traditions familiales et religieuses. Mais est-ce si simple? Rehman va l’apprendre à ses dépens, lorsqu’il revoit Usha, la journaliste hindoue qu’il avait rencontré lors de revendications sociales en faveur des fermiers. Doit-il renier ses convictions afin d’être un futur gendre idéal où le fait qu’il soit musulman sera une fin de non-recevoir définitive? Bien que professionnellement indépendante, Usha peut-elle vraiment choisir qui elle entend épouser sans offusquer ses parents? De son côté, Aruna semble avoir réussi son mariage d’amour avec Ramanujam jusqu’à l’arrivée de Mani, sa belle-sœur enceinte de son deuxième enfant et qui ne cesse de la rabaisser. La jeune aura-t-elle suffisamment confiance en elle pour lui faire face?

Il y est ainsi question, comme dans le premier tome, de mariage, de relation de couple, de maternité entre coutumes et modernité, les possibilités offertes aux jeunes gens en âge de se marier étant fortement limitées sous le poids des traditions familiales et religieuses. Qu’il est bien difficile de concilier les deux! Derrière l’humour, l’auteur aborde une nouvelle fois des thèmes moins légers du point de vue de la jeunesse indienne, avec le « choc » générationnel d’une jeunesse qui aspire à plus d’émancipation dans le respect des aînés, de revendications sociales avec notamment le sort des fermiers indiens qui tentent de sauver leur exploitation de la misère, comme M. Naidu ou de veuvage des jeunes femmes comme Pari et leur désir de maternité… Encore un bon moment de lecture! La fin du roman suppose une suite. Dommage que les tomes suivants n’aient pas été traduits en français!

Sans oublier, comme dans le tome précédent, de nombreux passages gourmands comme « une assiette d’idlis, deux thés, un verre de lait, une eau minérale » (p.20), un des plats préférés d’Aruna: « l’upma, un plat préparé à base de semoule, d’oignons, de piments et de gingembre (…) des noix de cajou; ce qui le rendait d’autant plus savoureux » (p.37) ou la recette de « la soupe à l’os » de Pari (p.423/424)…

Pour d’autres avis sur ce tome 2: Nathalie et Hilde.

Participation #7 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #LC

Au fil des pages avec Le Bureau de mariage de M. Ali

En lecture commune avec Nathalie, j’ai lu Le Bureau de mariage de M. Ali de Farahad Zama (éd. JC Lattès, février 2010, 366 pages), un roman se déroulant, à Vizag, dans le Sud de l’Inde, à la fin des années 2000. Monsieur Ali, un fonctionnaire musulman à la retraite, décide d’ouvrir une agence matrimoniale chez lui, sa femme n’étant jamais très loin pour l’épauler dans ses nouvelles tâches bien prenantes. Très vite et face au succès grandissant de son agence, Monsieur Ali se retrouve débordé. Grace à sa femme, il engage une assistante: Aruna, une jeune femme d’une vingtaine d’années, discrète et efficace. Les journées s’enchaînent à traiter les demandes des clients, recevoir les courriers de réponse et faire le bon choix pour chacun d’entre eux, compte-tenu des us et coutumes du mariage, quelle que soit leur religion (musulman, hindou ou chrétien) ou leur statut (célibataire, divorcé ou veuf). Si prompt à conseiller ses clients, Monsieur Ali ne devrait-il pas les suivre pour lui-même, vis-à-vis de son fils unique, Rehman qui a pris part à des manifestations pour protéger les droits de paysans expropriés? 

La quatrième de couverture annonçait le roman comme « une version à l’orientale d’Orgueil et Préjugés », ce qui n’est pas vraiment le cas même s’il y a beaucoup d’orgueil et de préjugés de la part des clients et de leurs familles faisant appel à M. Ali et à son assistante, Aruna, cette dernière n’étant pas insensible aux charmes de l’un d’entre eux. On en apprend beaucoup sur le mariage en Inde, chacun ayant ses propres exigences et idéaux sur la future belle-fille ou le futur gendre, les critères de sélection étant très souvent plein d’orgueil, de préjugés et de discriminations, quant à la caste, la couleur de peau, le niveau d’éducation, de richesses (la question de la dot) et même la taille souhaitée! Les mariages arrangés par les parents des futurs époux apparaissent comme la norme et plus vertueux que les mariages d’amour. Mais n’y a-t-il pas la place pour les sentiments? Il y aurait finalement plus de Raison et sentiments dans le personnage d’Aruna, une jeune femme pauvre, encore meurtrie par un mariage avorté et qui ne sait si elle doit privilégier son devoir familial en tant que fille aînée ou se laisser guider par les élans de son cœur. 

Derrière un ton léger et un humour qui m’a bien plu, l’auteur dépeint un pays en pleine mutation sous le prisme du mariage, entre essor de la modernité et poids encore bien prégnant des traditions religieuses et familiales. Il y est question de la société multiculturelle indienne, de la condition de la femme, de corruption, d’inégalités sociales, d’émancipation, de « choc » générationnel avec une jeunesse qui aspire à plus d’émancipation dans le respect des aînés, de revendications sociales… Les personnages principaux sont attachants, que ce soit les époux Ali ou Aruna. J’ai également apprécié le personnage de leur fils, Rehman qui apportent une dimension politique et sociale au récit. Un bon voire très bon moment de lecture! Il existe une suite traduite en français, Les Mille et une conditions de l’amour (éd. JC Lattès, mai 2012, 350 pages), un roman que j’envisage de lire dans les mois à venir, voulant en savoir plus sur Rehman et qui, je l’espère n’aura pas de « coquilles » de traduction comme celles malheureusement relevées dans ma lecture (comme « pécunier » et « huit clos »). 

J’ai enfin relevé de nombreux passages gourmands comme les nombreux plats préparés par Madame Ali: des lentilles pour des idlis et des dosas (p.36), « du pesaratt – des crêpes de haricots mung épicées – pour le petit déjeuner » (p.91) ou ceux végétariens d’Aruna et de sa mère: des brinjals (aubergines) avec des oignons émincés et des épices: « des clous de girofle, de la cardamome et un bâton de cannelle » puis du chili (p.97), des pakuras, « des boorulu – des friandises rondes à base de lentilles avec un cœur en sucre de palme » (p.186), « du pulihora – du riz au tamarin, relevé de gingembre et de piments rouges » (p.212) pour le pique-nique ou bien encore le repas nuptial lors d’un mariage musulman: « un biryani de mouton, du brinjal et un plat d’accompagnement à base de courges en guise de sauce, outre une raïta d’oignons et de noix de coco » (p.253) ou pour accompagner un thé, « des idlis, des gâteaux au riz et aux lentilles cuits à la vapeur, sans sambhar, avec du chutney à la noix de coco en supplément » fort appréciés par l’oncle maternel d’Aruna, Shastry, le livre se terminant même sur la recette de l’halva (un plat à base de semoule sucrée). 

Pour d’autres avis sur ce roman: Nathalie, Hilde, Isabelle et Blandine.

Participation #10 Challenge Les Étapes Indiennes 2025 de Hilde #LC

Challenge Petit Bac d’Enna #5 Catégorie Objet: « Bureau »

Participation # (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Inde

Participation # Challenge Contes & Légendes 2025 de Bidib #Croyances, superstitions et cérémonies religieuses

Participation # Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2025 de Bidib et Fondant #Cuisine indienne

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