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Au fil des pages avec Sa Majesté des Mouches

Lu en version numérique via ma médiathèque il y a un an sans l’avoir chroniqué, je profite de la lecture commune proposée par Nathalie pour ce 28 janvier 2026 dans le cadre de son challenge 2026 sera classique aussi! pour faire ce billet sur Sa Majesté des Mouches d’Aimée de Jongh, d’après William Golding (éd. Dargaud, septembre 2024, 352 pages), un roman graphique adaptant le roman éponyme paru pour la première fois en 1954 et qui m’avait marqué lorsque je l’avais lu en lecture imposée en cours de français au collège. Le roman jeunesse à partir de 12/13 ans est d’ailleurs recommandé par le Ministère de l’Éducation Nationale en classe de 5e et 4e. 

Un groupe de jeunes garçons issus de la haute société anglaise, de 6 à 12 ans se retrouvent seuls, sur une île déserte du Pacifique et sans adultes, après le crash de leur avion, pendant le Seconde Guerre Mondiale (même si cela reste plus flou dans le roman). Au début, tout est vu comme des vacances où il est bon de s’amuser, en attendant les secours. Il faut pourtant bien s’organiser pour survivre en établissant quelques règles de savoir-vivre avec la conque, la recherche de nourriture et d’eau, la construction des cabanes ou l’entretien du feu… Les divergences attisées par la peur d’un monstre rôdant sur l’île se font très vite ressentir, deux clans s’affrontant entre ceux restant « civilisés » derrière Ralph secondé par Simon et Cochonnet (Porcinet dans le roman) et les autres, laissant libre cours à la loi du plus fort derrière Jack, obnubilé par la chasse.

L’aspect paradisiaque et la joie du début se transforment en une ambiance plus sombre et inquiétante, leur éducation s’effritant dans la violence et la sauvagerie sans limites. Sans cadre de vie et de règles sociales, un individu est-il par nature mauvais et méchant? Quelle part d’humanité reste-il alors? La peur et la cruauté viennent-elles de l’extérieur ou sont-elles intrinsèques à l’individu, même un enfant? Il y est ainsi question de la nature humaine, du vivre ensemble, de survie d’un groupe d’enfants et adolescents laissés à eux-mêmes, de la perte de l’innocence, de la fragilité de la civilisation…  

Graphiquement, j’ai une nouvelle fois bien apprécié le coup de crayon de cette autrice-dessinatrice que j’avais découverte avec un de ses romans graphiques précédents, Jours de sable (éd. Dargaud, mai 2021, 288 pages). J’ai trouvé qu’elle retranscrit bien les différents personnages, leur évolution physique et intellectuelle au fil des semaines avec la perte des repères et des règles, les jeux de pouvoir et de domination prenant le pas sur leur humanité. Une adaptation réussie et fidèle du roman dont on retrouve le pessimisme et la tension si dramatique! 

Je pense toutefois qu’il vaut mieux avoir lu le roman originel avant. En effet, format « graphique » oblige, la psychologie des personnages est moins approfondie et certains passages moins détaillés que dans le roman, le groupe de garçons imaginé par William Golding étant un miroir bien peu reluisant de celui d’une nation avec ses différents partis politiques. Je pense notamment à Porcinet et les humiliation subies (on parlerait de harcèlement aujourd’hui), la mise à mort du cochon et la sacralisation de sa tête « Sa Majesté des Mouches », le basculement dans la cruauté, les cochons sauvages n’étant pas les seuls tués. L’ironie du sort reste qu’au départ, ce sont des garçons qu’on a voulu préserver d’une guerre qui fait rage en les éloignant du conflit entre adultes et pourtant ils se retrouvent eux-même au sein de leur propre triste réalité. 

Pour d’autres avis sur le roman graphique: Nathalie, Audrey et Fattorius ou sur le roman jeunesse: Isabelle

Participation #3 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #Classique jeunesse anglais (1954)

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Animal: « Mouches »

La BD de la semaine chez Blandine pour cette semaine

Participation #17 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Roman jeunesse/BD

Au fil des pages avec La dame au petit chien

En lecture commune avec Nathalie et Isabelle, j’ai lu La dame au petit chien d’Anton Tchekhov (éd. Le Livre de Poche, rééd. juin 2025, 30 pages), une nouvelle russe parue pour la première fois en décembre 1899 et se déroulant à Yalta avec la liaison entre Dmitri Dmitrich Gourov, un banquier moscovite de moins de quarante ans et Anna Serguéievna von Diederitz, âgée de 25 ans et vivant à Saint-Pétersbourg, la « dame au petit chien », un loulou blan, tous deux mariés. Et si une liaison sans lendemain ne l’était finalement pas?

On y suit avant tous les conséquences de cette liaison du point de Gourov qui contre attente se retrouve à « aimer » pour la première fois de sa vie alors qu’il ne pensait à vivre une énième liaison frivole, s’amusant de séduire des femmes pour mieux les rejeter. J’ai apprécié le style d’écriture et lire cette nouvelle sur une histoire pourtant maintes et maintes fois lue et dont j’ai apprécié tourner les pages. Une vie est-elle possible entre ce séducteur repenti et cette jeune femme malheureuse en ménage? Un très courte nouvelle avec une fin très ouverte! On peut s’imaginer une fin plus cynique, un coureur de jupon prix à son propre piège et rejetée par la jeune femme ou une nouvelle vie à deux, l’amour triomphant…

* * *

Puis j’ai lu la seconde nouvelle, plus longue, de mon édition et parue pour la première fois en 1894: Au royaume des femmes (58 pages), lors d’un Noël vécu par Anna Akimovna, une riche héritière et orpheline d’une usine sidérurgique, âgée de 25 ans et célibataire, victime du syndrôme de l’imposteur, ne se sentant ni à sa place à la tête de l’usine qu’elle a héritée et se sentant profondément seul, au point d’envisager un de ses salariés, Piménov.

La jeune femme est touchante et finalement profondément humaine, rêvant à un mariage d’amour et les moyens d’être à la hauteur de ses nouvelles responsabilités qui la terrifie, se cachant derrière l’image d’une généreuse bienfaitrice. Elle se sent terriblement seule, même en cette période de Noël, les gens défilant chez elle pour lui présenter ses vœux et obtenir leurs étrennes.

On retrouve également dans cette nouvelle la question sur l’amour et sur le sens de la vie. Un bon voire très moment de lecture également même si l’auteur laisse le lecteur avec autant de peu de réponses que l’héroïne sur son futur! J’ai apprécié ce personnage féminin, « une femme fin de siècle ». Comme surmontera-t-elle sa nature pusillanime et être plus audacieuse? Parviendra-t-elle à gérer l’usine? Finira-t-elle par se marier par amour? Ou se fera-t-elle abuser par un mari qui dilapidera sa fortune ou par des salariés, comme le directeur de l’usine corrompu? Cela m’a donné envie de lire d’autres écrits « tranches de vie » de Tchekhov. 

Pour d’autres avis sur La dame au petit chien: Nathalie et Isabelle

Participation #2 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #nouvelles russes (1899 et 1894)

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Animal: « Chien »

Participation #13 Challenge il était 13 fois Noël de Chicky Poo et Samarian #Nouvelle

Participation #11 Challenge Christmas Time 2025 de MyaRosa #Nouvelle

Participation #1 Le Mois Russe 2025 de Bianca #Nouvelle

Throwback Thursday Livresque: Un journaliste

TTL n°349 chez Carole #Un journaliste

Ce jeudi 22 janvier 2026, je participe au Throwback Thursday Livresque, un rendez-vous livresque initialement chez Bettie Rose Books et repris depuis par Carole, les liens étant à déposer chez My-Bo0ks. Le principe est de partager chaque jeudi un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Cette semaine, le thème est « Un journaliste ».

J’ai pensé à plusieurs titres pour illustrer ce thème dont ma dernière lecture en date et il a été difficile de ne limiter:

  • Clarisse Beaugency qui se fait passer pour un jeune journaliste, Clarence Beauchamp auprès du comte Frédéric de Ribourg dans le tome 2 des Détectives en jupon, Le Bal des Ombres de S.D. Fischer (éd. Autoédition, avril 2025, 326 pages), une romance historique et cosy mystery se déroulant à Paris, sous la Monarchie de Juillet
  • le journaliste Gavin Woodson dans Les enfants du blizzard de Melanie Benjamin (éd. Albin Michel, novembre 2023, 400 pages), un roman historique retraçant un terrible fait divers américain (un blizzard s’étant abattu dans dans les plaines du Nebraska et Dakota, en janvier 1888)  qui a coûté la vie à de nombreux enfants
  • les journalistes Nellie Bly et Elizabeth Bisland dans Globe-trotteuses, Le tour du monde de Nellie Bly et Elizabeth Bisland de Julian Voloj et Julie Rocheleau (éd. Dargaud, octobre 2024, 184 pages), un roman graphique dans lequel chacune tente de battre le record fictif de Phileas Fogg et de faire en moins de 80 jours le tour du monde, en 1889/1890
  • Iris Woodmore, une jeune journaliste stagiaire et qui qui couvre la campagne des législatives partielles de sa circonscription en 1920 dans Les ombres de Big Ben de Michelle Salter (éd. L’Archipel, 2023, 350 pages), un roman policier historique
  • Fanny, la sœur d’Angélique dans Désenchantées de Marie Vareille (éd. Charleston, mars 2023, 312 pages), un roman à suspense contemporain se déroulant dans les années 2010, 20 ans après la disparition inquiétante de Sarah Leroy, alors âgée de 15 ans, une des 4 adolescentes surnommées les « Désenchantées » avec Angélique, Morgane et Jasmine.
  • Iris Winnow et Roman Kitt qui convoitent le même poste de journaliste dans Divines rivalités de Rebecca Ross (éd. De Saxus, mai 2024, 432 pages), une romantasy pour adolescents et qui ne m’a pas emballée plus que cela, ce qui fait que je n’ai toujours pas lu le second tome
  • Winifred qui se fait passer pour une journaliste auprès de Léandre dans Camera obscura, Le Chant des morts de Maëlle Desard (éd. Rageot, octobre 2024, 400 pages), un roman historique fantastique pour adolescents, à partir de 14 ans selon l’éditeur

J’ai hésité à mettre dans cette liste Sambre, Radioscopie d’un fait divers d’Alice Géraud (éd. JC Lattès, janvier 2023, 400 pages), un essai/documentaire d’une journaliste ayant suivi le procès d’assises d’un violeur en séries surnommé le « violeur de la Sambre ».

Et vous, quel livre auriez-vous choisi pour cette thématique? La semaine prochaine, le thème sera: « Trope mariage arrangé » et là aussi le choix s’annonce difficile tant ce trope est un que je lis souvent.

Au fil des pages avec La comète

Pour le thème de janvier 2026 « Nouvelle vie (déménagement, arrivée d’un bébé ou d’un animal dans la famille…) » du challenge Littérature jeunesse 2025-2026, j’ai choisi une de nos anciennes lectures: La comète de Joe Todd-Stanton (éd. L’école des Loisirs, coll. Kilimax, janvier 2023, 40 pages), un album jeunesse à  partir de 6 ans. Son père ayant commencé un nouveau travail, Mila doit déménager avec leur chat dans un appartement en ville, laissant derrière elle la vie à la campagne, au bord de la mer, sous les étoiles et avec un père qui était plus présent. Mais comment accepter cette nouvelle vie?

J’ai apprécié la façon dont Mila s’approprie son nouveau lieu de vie et la relation père/fille. Il y est ainsi question des doutes et des changements liés à un déménagement, la perte des repères et des nouveaux liens à créer, la nostalgie de la vie d’avant, de la relation entre un père et sa fille, celle-ci ayant du mal à s’adapter à sa nouvelle vie en ville, dans un appartement, bien loin de celle qu’elle a vécu jusqu’alors à la campagne, au bord de la mer avec son père qui était moins accaparé par son travail. Graphiquement, on retrouve avec plaisir le coup de crayon de cet auteur-illustrateur, à la fois épuré et expressif et un côté un brin magique et onirique avec le retour de la comète. Un bon voire très bon moment de lecture qui se finit sur une belle double-page de leur intégration au sein de l’immeuble!

Pour un autre avis sur cet album jeunesse: Isabelle.

Participation #16 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Album jeunesse

Point lecture hebdomadaire 2026 #3

En ce milieu de semaine, voici mon point lecture hebdomadaire avec un retour sur nos lectures (mais pas nos relectures) de la semaine dernière qui a débuté avec le rangement du sapin et décorations de Noël et qui s’est terminé sur un week-end pluvieux dans le Var chez des amis puis dans la famille, notamment sur la Presqu’île de Giens, côté plage et côté salins puis en voiture, sur la Route du Mimosa (avec une très courte halte à Bormes-les-Mimosas), les mimosas étant déjà bien fleuris même si tassés par la pluie (j’espère qu’ils tiendront jusqu’en février et les carnavals). Moins de lectures pour moi et beaucoup de relectures des tomes de BD Mortelle Adèle pour mon mini lutin!

Nos lectures du 12 au 18 janvier 2026:

Des lectures jeunesse:

Tous les soirs avant de dormir, mon mini lutin a relu des tomes de Mortelle Adèle de Mr Tan et Diane Le Freyer (éd. Bayard Jeunesse ou Mr Tan & Co), une BD jeunesse à partir de 8 ans. Cela faisait des mois qu’il ne les avait pas relus mais comme je les ai rangés différemment dans sa chambre il y a peu, cela lui en a donné envie, surtout qu’il avait finalement demandé à avoir le dernier tome paru dans lequel il a retrouvé des gags et des situations qui lui ont rappelé d’anciens tomes. Je ne pourrai pas vous dire lesquels il a relus mais en tout cas, il a beaucoup ri. 

Des lectures adulte:

  • (Roman historique/Les Détectives en jupon, Le Bal des Ombres de S.D. Fischer (T2)

J’ai lu, en e-book, le tome 2 des Détectives en jupon, Le Bal des Ombres de S.D. Fischer (éd. Autoédition, avril 2025, 326 pages), une romance historique et cosy mystery se déroulant à Paris. En fuyant en pleine nuit des fiançailles arrangées par sa mère avec le Vicomte assassin, Clarisse Beaugency ne s’attendait pas à se retrouver au cœur d’un complot la contraignant à enquêter avec le comte Frédéric de Ribourg, l’ennemi juré de sa famille et en se faisant passer pour un jeune journaliste, Clarence Beauchamp. Arriveront-ils à découvrir qui se cachent derrière ces Ombres qui assassinent des hommes politiques? J’ai apprécié cette enquête, le slow burn et l’alchimie entre les deux personnages, le comte n’étant pas dupe du déguisement d’homme de Clarisse et s’en amusant, tout en assouvissant sa soif de vengeance en démasquant les assassins de son frère aîné Maximilien. Il y est ainsi question de condition de la femme sous la Monarchie de Juillet, d’émancipation, de vengeance… Un bon voire très bon moment de lecture que j’ai même encore plus apprécié que le tome précédent, Le Vicomte assassin mettant en scène le sombre et mystérieux Sylvère de Catrevaut, soupçonné d’avoir tué ses deux premières épouses et sa demi-sœur cadette, Nina Beaugency. 

  • (Roman contemporain) Les 7 vies extraordinaires de Devi Kumari de Vikas Swarup

Pour une lecture commune avec Hilde dans le cadre de son challenge Les Étapes Indiennes 2026, j’ai commencé à lire, en e-book, Les 7 vies extraordinaires de Devi Kumari de Vikas Swarup (éd. Belfond, octobre 2025, 386 pages), un roman contemporain se déroulant en Inde. Une jeune femme de 25 ans, Devi doit confesser face caméra ses crimes, son ravisseur masqué ayant mis sa vie aux enchères, les potentiels « acheteurs » étant des individus qu’elle a croisés dans sa vie et qui réclament vengeance. Qu’est-il arrivé à cette jeune femme ayant grandi dans un bidonville de Dehli pour finir kidnapper en pleine rue? Pour le moment, malgré la dureté du prologue, l’intrigue est prenante. 

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