Auteur/autrice : Jojo (Page 2 of 376)

Au fil des pages avec Encore une Histoire!

Nous avons lu Encore une Histoire! de Perry Emerson et Sean Julian (éd. 123 Soleil, septembre 2024, 32 pages), un album jeunesse à partir de 3/4 ans. Poupette adore lire alors que son petit frère Fripon s’ennuie vite, en l’écoutant. Mais un jour, un des livres arrive à captiver Fripon (forcément avec une histoire d’un pingouin super-espion!). Malgré leur rapport bien différent à la lecture, les deux lapins trouveront-ils un terrain d’entente?

J’ai apprécié la façon dont ils arrivent à allier leurs centres d’intérêt, l’une la lecture et l’autre la mise en scène. Quel plaisir de les voir se se rapprocher autour des joies de la lecture et de l’écriture, chacun apportant ses idées et son imagination! J’ai également bien apprécié les illustrations douces, expressives et qui reflètent bien la complicité entre les deux lapins et leur imagination débordante, et même très gourmande de Fripon qui imagine par exemple un coffre aux trésors rempli de gâteaux aux carottes ou la Lune devenant un énorme gâteau aux carottes, dans une ambiance champêtre, printanière et joyeuse! Un bon voire très bon moment de lecture avec cet album tout mignon sur le plaisir de lire et d’écrire des histoires à plusieurs, à travers le jeu et l’imaginaire! Cela va avec le thème « Fille ou femme » (héroïne, maman enceinte, super grand-mère…) du mois de mars 2026 du Challenge Littérature jeunesse, ici une « super » grande sœur.

Participation #20 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Album jeunesse

 

Au fil des pages avec Neige

En cette fin d’hiver, nous avons lu une dernière lecture hivernale avec Neige de Kaori Tajima (éd. Lirabelle, mars 2013, 40 pages), un album jeunesse pour les tout-petits. Alors que les premiers flocons tombent, les animaux de la forêt se dépêchent de regagner leur abri, sauf un petit lapin blanc. Qu’attend-il pour faire comme eux? S’est-il perdu?

L’histoire est construite en randonnée, chaque page devenant de plus en plus blanche au-fur-et-à mesure que la neige tombe et recouvre les couleurs automnales d’un joli rouge orangé. Il y est ainsi question du passage de l’automne à l’hiver, de l’hibernation, des saisons et de la peur d’abandon… Une lecture toute mignonne et très classique qui plaira aux plus jeunes qui pourront facilement s’identifier au petit lapin! Ce dernier est d’ailleurs très expressif, l’insouciance devant les premiers flocons puis la peur et la tristesse lorsqu’il se retrouve au milieu de la neige sans apercevoir son parent. Et une participation anticipée au challenge Un Mois au Japon 2026 qui débute, comme chaque année, le 1er avril!

Participation #19 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Album jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Couleur: « Neige »

Au fil des pages avec Le lit clos

J’ai lu Le lit clos de Sophie Brocas (éd. Mialet Barrault, janvier 2025, 336 pages), un roman historique en deux parties et inspiré de faits réels, ceux de la grève des Sardinières en novembre 1924 à Douarnenez, en Bretagne, déclenchée par les ouvrières des conserveries de poissons qui réclamaient une hausse de salaire (1,25 franc de l’heure au lieu de 80 centimes) face à la pénibilité et même l’illégalité de leurs conditions de travail (travail des enfants de moins de 12 ans et travail de nuit pourtant interdit pour les femmes), avec le soutien du maire communiste de la ville qui la médiatisa. Cette grève dura du 21 novembre 1924 au 6 janvier 2025, les usiniers refusant de céder face aux grévistes unis et faisant appel à des briseurs de grève, manœuvre qui n’eut pas l’effet escompté.

Parmi les femmes grévistes de ce roman, l’autrice imagine l’histoire de deux d’entre elles: Rose, une jeune paysanne catholique allant sur la fin de ses 17 ans et qui n’a pas eu d’autre choix que de se faire embaucher à l’usine après le décès de sa mère en couches et Louise, une jeune veuve de 25 ans d’un cheminot communiste, audacieuse, républicaine et à la belle voix de chanteuse. Ce mouvement de révolte permettra-t-il aussi l’émancipation féminine et la liberté d’aimer qui on veut? Ou leur éducation bien différente à chacune sera-t-elle un frein? 

Ce roman aurait pu se terminer sur la première partie, malgré la fin ouverte, laissant chacune des deux femmes à leur destin, l’une dans un mariage conformiste et l’autre tentant sa chance dans le Paris anticonformiste et avant-gardiste des années Folles. Derrière la grève de 1924, il est, en effet, surtout question d’un amour saphique impossible, de condition de la femme dans une Bretagne des années 20 très conservatrice et catholique, d’ascension sociale, du poids des traditions et de la religion catholique… 

Mais l’autrice a poursuivi son roman sur une seconde partie au style bien différent et qui ne m’a pas plu, Rose et Louise continuant leur vie chacune de leur côté, vie que nous découvrons à travers leur journal intime. La passion partagée lors de la grève les hante encore mais d’autres préoccupations et aspirations dominent: la sécurité matérielle et le désir d’enfant pour Rose qui veut sortir de la pauvreté par un beau mariage avec un pêcheur de langoustes vertes et le droit de vote pour les femmes et l’égalité des sexes pour Louise qui se fait engagée comme femme de chambre d’une comtesse espagnole et qui va percer comme chanteuse de music-hall. 

Alors que la première partie semblait bien documentée même si tout s’enchaîne très vite et que l’autrice a fait le choix de changer le nom du maire communiste de Douarnenez en lui donnant un fort mauvais rôle: manipulateur, arriviste et misogyne et même si j’ignore si Daniel Le Flanchec (1881/1944) avait ou non une telle personnalité, la seconde l’ait moins puisque Louise se retrouve plongée dans un Paris artistique des années 20, rencontrant Fernand Léger et Pablo Picasso et croisant même Marcel Proust décédé en 1922…  Je n’ai pas compris cette charge idéologique contre le Parti Communiste si ce n’est, peut-être, que l’autrice actuellement Préfète a voulu défendre ses propres idées politiques. Je m’attendais d’ailleurs, à un moment, que Louise soit parmi la liste des femmes envisagées pour se présenter lors des élections municipales de 1925, à l’image de Joséphine Pencalet qui a été élue, sur la liste du PCF, grâce à un flou juridique et qui a pu siéger au conseil municipal de Douarnenez avant son annulation mais dont l’autrice ne fait même pas état.

Une lecture bien décevante tant je m’attendais à ce que l’histoire s’ancre dans ce grand mouvement ouvrier féminin du début du XXe siècle et non à ce que la romance saphique prenne ainsi le pas sur les revendications sociales et enjeux politiques, la grève n’étant que le cœur du sujet de la première partie! J’ai d’ailleurs failli arrêté de le lire tant la seconde partie m’a paru inutile et banale, malgré le personnage de la comtesse espagnole. J’espère que la BD historique, Le Chœur des Sardinières de Léah Touitou et Max Lewko (éd. Steinkis, janvier 2025, 137 pages), parue le même mois et qui me tentait bien aussi autour de cette grève sera mieux réussie.

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Objet: « Lit »

Méli-mélo de carnavals 2026

Profitant d’un week-end encore pluvieux et ma dernière lecture, Le lit clos de Sophie Brocas (éd. Mialet Barrault, janvier 2025, 336 pages) m’y ayant fait penser avec un passage sur les Gras de Douarnenez, j’en profite pour revenir sur les vacances scolaires précédentes avec les festivités carnavalesques 2026 et une divinité féminine commune dans les deux lieux visités: la déesse Gaïa, source de toute vie sur terre et symbole de la puissance féminine, une force nourricière et protectrice selon la mythologie grecque (Gaïa signifiant « Terre » en grec ancien). 

Comme depuis quelques années déjà, nous avons pu découvrir, pour le charivari, les chars du Carnaval de Nice, le thème cette année étant « Le roi est mort, vive la reine » et qui a célébré les héroïnes d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Cette édition a donc été placée sous le signe de « Vive la Reine » même si c’est le Roi qui a été brûlé, comme chaque année, avant le feu d’artifices. A côté de la Reine Gaïa, le roi a pris les traits du Roi Grenouille, en pleine métamorphose, incarnant la dualité entre l’instinct animal et la conscience humaine. 

Puis nous sommes allés, en train, à Menton pour la Fête du Citron. L’exposition des motifs d’agrumes a eu lieu, comme à chaque édition, dans les jardins Biovès, avec un accès gratuit, le thème cette année étant « Merveilles du Vivant ». Les sculptures éphémères faites d’oranges et de citrons étaient imposantes cette année: baleine bleue, ADN entre 2 perroquets, parade amoureuse de girafes… Mais on a trouvé qu’il manquait une cohérence dans le thème contrairement à l’année dernière. Des sons avaient été ajoutés pour mettre en scène les animaux comme le tigre du Bengale. Nous avons également fini notre visite, avant de reprendre le train, avec un jus de fruits pressés orange-citron et une part de gâteau au citron (cake citronné et tarte au citron). 

* * *

Nous sommes également voir l’exposition « Carnavals d’ici et d’ailleurs » et qui est encore visible à l’HDE du Var, à Draguignan jusqu’au 22 mars 2026, sur 3 étages: le premier avec les origines du carnaval, dès l’époque antique (les esclaves prenant la place de leurs maîtres le temps d’une journée par exemple), le deuxième avec surtout les carnavals à travers les différents départements français témoignant de libertés, de transgression avec le port du masque et du costume permettant le travestissement (les femmes se déguisant en hommes et les hommes en femmes par exemple), de la célébration d’un monde à l’envers et de coutumes afin d’éloigner les peurs et la bestialité, de conjurer le mauvais sort ou bien encore de revendications sociales comme dans le Languedoc ou en Guyane et enfin le troisième consacré aux carnavals très festifs et colorés comme celui de Rio, au Brésil. On y retrouve également d’autres carnavals célèbres comme ceux de Bâle (en Suisse), en Belgique ou en Bolivie… L’exposition est accessible aux plus jeunes qui peuvent s’amuser avec un livret de jeux (6/12 ans) sauf la projection de l’extrait d’une scène de Sans toit ni loi d’Agnès Varda qui m’a paru bien incongru au vu de la violence de l’extrait pour les plus jeunes. Nous n’avons pas non plus été « dépaysés » puisqu’il y avait aussi le Carnaval de Nice avec des éléments d’anciens chars ou des œuvres d’art de Moya. 

 

Au fil des pages avec Le Magnat

Pendant le RAT Holi du week-end dernier, j’ai lu, en e-book, Le Magnat de Vish Dhamija (éd. Mera, avril 2024, 353 pages), un thriller judiciaire indien contemporain. Prem Bedi, surnommé « Le Magnat », âgé de 53 ans et amateur de golf, est accusé par Manish Desai, le beau-frère de son ex-femme, Rea dont il est divorcé depuis 12 ans de l’avoir assassinée, elle et son nouveau mari, Mahesh Desai. Toutes les preuves le désignent coupable. Alors que s’est-il passé la nuit de ce double meurtre? Un cambriolage qui a mal tourné? Une vengeance de Prem si longtemps après un divorce houleux? Et quel serait le mobile? L’argent d’une assurance-vie alors qu’il est déjà si riche et si puissant? Lui qui apparaît si impassible pendant l’enquête puis le procès et qui a choisi un jeune Avocat sans véritable expérience, contrairement à Manish qui se cache derrière la figure éplorée du frère endeuillé tout en tentant de tirer les ficelles à son avantage. Est-ce l’œuvre d’un concurrent de Prem afin de nuire à ses affaires prospères? 

Les chapitres alternent les points de vue des différents personnages à la première personne du singulier. J’ai apprécié la façon dont on se met en branle une fois le double meurtre découvert, le rôle de chacun des personnages participant à l’enquête et la façon dont l’auteur décrit les mécanismes et rouages judiciaires: le commissaire adjoint Ranjeet Dutta, le policier en charge du dossier et le commissaire Mathur, son supérieur hiérarchique corrompu, le frère et future partie civile malhonnête et opportuniste qui y gagnerait si Prem était condamné, Gajpati Apte le procureur carriériste à l’origine de l’ouverture du procès, le juge Chowdhary d’un côté et de l’autre, l’entourage de Prem: Tej Malhotra, son ami et associé qui ne peut s’empêcher d’être inquiet, son avocat Rohan Malhotra qui est convaincu de son innocence, sa cousine Veena et Prem lui-même.

Cela met bien en évidence le fait que la vérité judiciaire n’est pas la Vérité, le doute profitant à l’accusé et la charge de la preuve incombant à l’accusation. Entre manipulations, intrigues et fausses apparences, le doute est-il vraiment permis? A travers ce procès judiciaire et médiatique qui permettra ou non d’innocenter Prem, il y est ainsi question de critique du système judiciaire indien: corruption au sein de la police indienne, d’impunité des puissants, de la couverture médiatique des procès… Il y est d’ailleurs surtout affaire d’hommes dans ce roman, le regard porté sur les femmes étant peu flatteur. 

Mais l’ensemble reste très prévisible et peu original, tant on se doute bien de l’identité du coupable et quand on connaît les ressorts judiciaires d’un procès. Cela m’a d’ailleurs fait penser au fait qu’il arrive très fréquemment en matière de grand banditisme ou de trafics de drogue qu’un Avocat commis d’office soit choisi par le mis en cause au moment de son placement en garde à vue afin de garder l’apparence de respectabilité et de novice en matière criminelle, même si personne n’est dupe. Une lecture qui se lit facilement mais en demi-teinte! Toutefois, je lirai quand même Au nom de la justice, en espérant qu’il n’y ait pas un problème de traduction comme ici avec des coquilles et mots manquants à de trop nombreuses reprises et au style bien trop sommaire. 

Petit aparté judiciaire: Dans ce roman, on est tellement loin de la procédure pénale applicable en France que je n’ai pas réussi à croire à cette enquête, tant j’ai été parasitée par ce qui se fait en France: procédure inquisitoire et non accusatoire comme en Inde, ce qui a des conséquences bien différentes sur le régime de la preuve, notamment au regard du principe du contradictoire au stade de la phase d’instruction puis en cas de renvoi, du procès d’assises et même si l’auteur insiste sur la corruption au sein de la Justice indienne. Dans sa note finale, l’auteur apporte quelques éclaircissements sur les sources légales et juridiques qui l’ont conduit à imaginer ce roman. J’ai ainsi vu en essayant de les retrouver sur Internet qu’une réforme d’envergure avait eu lieu en Inde en 2024 en modernisant entre autres le Code pénal et le système de la preuve issue de la colonisation britannique et du droit commun de la Common Law. 

Participation #6 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #Thriller judiciaire

Participation #11 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Thriller judiciaire indien

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