Auteur/autrice : Jojo (Page 13 of 381)

Bilan de lecture: janvier 2026

Illustration Ellie Hooi – IG

En ce début février, voici le bilan de lecture du mois de janvier 2026 qui est, une fois n’est pas coutume, passé très vite même si nous avons tardé à retirer les décorations de Noël, ne le faisant qu’après la fin des challenges de Noël, Il était 13 fois Noël de Chicky Poo et Samarian, les portes de leur Chalet ayant fermé le 11 janvier 2026 sur un RAT post-Noël 2025 et le challenge Christmas Time 2025 de MyaRosa se terminant le 15 janvier 2026.  

Pourtant, le mois de janvier 2026 ne manquait pas de tentations livresques avec Le Mois Russe 2026 organisé par Bianca, Un hiver Polar 2026 organisé par Alexandra ou des lectures communes avec les copinautes Hilde, Nathalie et Isabelle: Un Noël au manoir d’Anne Perry (éd. 10/18, novembre 2025, 182 pages), Sa Majesté des Mouches d’Aimée de Jongh, d’après William Golding (éd. Dargaud, septembre 2024, 352 pages), La dame au petit chien d’Anton Tchekhov et Les 7 vies extraordinaires de Devi Kumari de Vikas Swarup (éd. Belfond, octobre 2025, 386 pages)…

Illustration Endmion IG

Côté challenges livresques, j’en découvre de nouveaux en ce début d’année 2026 et regrette la mise en pause par Bidib des challenges qu’elle organisait depuis plusieurs années. Je continuerai à (re)découvrir des contes & légendes, de saliver devant des passages gourmands (et pourquoi de passer aux fourneaux pour les tester), de multiplier les escales livresques à travers le monde… 

Voici d’ailleurs mon bilan de participations pour ce mois de janvier 2026:

  • Challenge Il était 13 fois Noël de Chicky Poo et Samarian: 5 participations dont le billet de suivi du RAT post-Noël 2025
  • Challenge Christmas Time 2025 de MyaRosa: 4 participations 
  • Challenge Petit Bac 2026 d’Enna: 2 premières lignes en cours
  • Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie: 3 participations
  • Challenge Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde: 1 participation
  • Challenge Pages de la Grande Guerre de Nathalie
  • Challenge Un hiver Polar 2026 d’Alexandra: 4 participations
  • Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore: 4 participations
  • Challenge Le Mois Russe 2026 de Bianca: 1 participation

Le mois prochain, j’ai prévu des lectures, visionnages et recette soul food pour l’African-American History Month Challenge (AAHM Challenge 2026) d’Enna qui se déroule, comme tous les ans, en février. Qui dit février dit aussi crêpes, mimosas et vers la fin du mois, carnavals et vacances scolaires pour mon mini lutin (en espérant que le soleil soit au rendez-vous!). Il y aura aussi de nouvelles lectures avec les copinautes comme La fille sans peau de Mads Peder Nordbo, Le destin d’Anjali de Hema Macherla et Le soldat désaccordé de Gilles Marchand… Bon mois de février!

Au fil des pages avec Le secret de Miss Greene

J’ai lu, en version numérique via ma médiathèque, Le Secret de Miss Greene de Nicolas Antona et Nina Jacqmin (éd. Le Lombard, janvier 2025, 152 pages), un roman graphique pour adultes même si classé à partir de 12 ans selon l’éditeur. Après le décès de sa grand-mère maternelle, Belle Greener scelle un pacte avec sa mère et ses jeunes frères et sœurs pour se déclarer comme une famille blanche, sans aucune ascendance afro-américaine, en déménageant à New-York sous l’identité de Da Costa Greene, d’origine portugaise et pouvant expliquer le teint olive de la jeune femme et de son frère. Ils devront garder secret leur ascendance afro-américaine et ne pas avoir d’enfant afin de ne pas trahir leur secret. Grâce à ce « passing » risqué, au début des années 1900, la jeune femme peut suivre une scolarité interdite aux personnes de couleur et se former au métier de bibliothécaire, intégrant l’université de Princeton avant d’obtenir son premier poste. Mais pourra-t-elle conserver toute sa vie le secret de cette transgression et renier sa véritable identité?

Graphiquement, ce roman graphique m’a bien plu, tout comme découvrir l’histoire de Belle Da Costa Greene (1879/1950), même si j’ai trouvé que le récit était un peu trop linéaire et manquait en quelque sorte de souffle épique et de profondeur alors même que tout se prêtait à plus de tension dramatique. J’ai eu l’impression, en effet, que le secret de la jeune bibliothécaire était presque sans réelle conséquence au quotidien tant rien ne semble contrarier la jeune femme tant dans son ascension professionnelle auprès du puissant et riche magnat financier, banquier et collectionneur d’art, John Pierpont Morgan, propriétaire de la prestigieuse Morgan Library que dans sa vie amoureuse, en particulier sa relation passionnée avec Bernard Berenson, un historien réputé de l’art spécialiste de la Renaissance italienne et marié.

Plus que le secret des origines afro-américaines cachées de l’héroïne, il s’agit avant tout d’une quête d’émancipation féminine d’une jeune femme passionnée de livres, dans une société américaine profondément ségrégationniste et patriarcale. Elle devient une redoutable et admirée négociatrice en art et toute sa vie durant, refuse d’avoir des enfants. Elle se révèle cultivée, déterminée, audacieuse et libre de vivre comme elle l’entend, même si c’est au prix de ses véritables origines et alors que son père est un activiste pour les droits des Afro-américains. Mais sans ce secret, Belle aurait-elle pu avoir la même vie? Un bon moment de lecture très intéressant et qui se termine sur un court dossier biographique! 

A travers la biographie romancée de Belle Greene, il y est ainsi question de la One Drup Rule (la « règle de l’unique goutte de sang ») issue des lois ségrégationnistes en vigueur jusqu’en 1694 et qui divisait, de façon discriminatoire, la population américaine en deux catégories: les « White » et les « Colored », la mention étant portée sur les papiers d’identité et conditionnant toute une vie de discriminations ou non. Cela poussait de nombreux Afro-américains à la peau claire, au cheveux lisses et de type caucasien du fait de leur métissage à se faire passer pour des blancs, comme l’a fait la famille de Belle Greene. Mais le « passing » n’était pas sans risque pour celles et ceux qui étaient démasqués tant la « noirceur invisible » était redoutée par les ségrégationnistes.

Il y est aussi question de la condition de la femme afro-américaine, du monde de la culture et de l’art, la jeune femme parcourant le monde et les salles de vente à la recherche de la meilleure acquisition pour la Morgan Library, de l’histoire américaine avec le krach boursier de 1907 ou le naufrage du Titanic (JP Morgan en ayant été le propriétaire)… 

Peut-être que le roman s’inspirant de sa vie, Belle Greene d’Alexandra Lapierre (éd. Flammarion, janvier 2021, 544 pages) et que j’ai prévu de lire également, une fois emprunté  à la médiathèque, reviendra davantage sur les difficultés au quotidien de cette transgression? 

Pour d’autres avis sur ce roman graphique: Nathalie, Tachan et Enna.

La BD de la semaine chez Noukette pour cette semaine

Participation #1 AAHM Challenge 2026 d’Enna

Au fil des pages avec Les 7 vies extraordinaires de Devi Kumari

Pour une lecture commune avec Hilde dans le cadre de son challenge Les Étapes Indiennes 2026, j’ai lu, en e-book, Les 7 vies extraordinaires de Devi Kumari de Vikas Swarup (éd. Belfond, octobre 2025, 386 pages), un roman contemporain se déroulant en Inde. Une jeune femme de 25 ans, Devi Kumari doit confesser face caméra ses crimes qui ont jalonné sa courte vie à son ravisseur masqué ayant mis sa vie aux enchères, les potentiels « acheteurs » étant des individus qu’elle a croisés dans sa vie et qui réclament vengeance. Qu’est-il arrivé à cette jeune femme? Qui est son ravisseur? Fait-il partie de celles et ceux qu’elle aurait lésés, de près ou de loin, par ses actions?

La dureté du prologue accrocheur donne le ton avec l’enlèvement en pleine rue de Mumbai (anciennement Bombay) d’une esthéticienne et nous entraîne dans un véritable page-turner, l’intrigue étant immédiatement prenante. Chaque épisode de la vie de la jeune femme donne envie de connaître la suite d’autant que chaque fin de chapitre se replace au moment de sa captivité auprès d’un ravisseur qui prend un malin plaisir à faire monter les enchères sur sa vie de plus en plus sur la sellette, à l’instar d’une Shéhérazade des Mille et une nuits

A travers le personnage principal féminin, c’est l’évolution de la société indienne contemporaine qui est dépeinte, en critique sociale, par l’auteur sur 25 ans, de la fin des années 90 à nos jours, en passant même par la période de pandémie Covid-19 et à travers tout le pays, chaque nouvelle identité de la jeune femme entraînant un changement de lieu de vie. Rien ne semble avoir épargné la jeune femme qui malgré son jeune âge et ses différentes identités a vécu tellement de choses, faisant des choix plus ou moins discutables pour survivre et échapper à la violence et à la misère (pauvreté dans un bidonville, orpheline à la rue, mendicité avec son chien, détention dans un centre de surveillance pour jeunes filles, membre d’une secte, faussaire, infirmière dans un hôpital…). 

Certes, tout est fait pour donner envie aux lecteurs de savoir la suite et l’intrigue repose par moment sur une rencontre fortuite fort à propos ou retournement de situation arrivant à point nommé, pour ne pas dire facilités scénaristiques, pour entretenir la tension dramatique. Cela n’a pourtant pas gêné ma lecture tant je me demandais ce que la jeune femme allait devoir encore inventer pour prendre en main son avenir en franchissant ou non la ligne rouge ou en liant certaines amitiés qui peuvent, à tout moment, se retourner contre elle. 

Devi se révèle être pleine de ressources, résiliente face aux épreuves traversées et apprenant de ses expériences passées, plus ou moins éprouvantes ou légales, ne se laissant pas rabaisser à un statut de victime défavorisée. De nombreux thèmes sont ainsi abordés, de façon plus ou moins détaillée: enfants des rues, mères porteuses, inégalités sociales, corruption et impunité au sein des élites ou de la police, pouvoir de l’argent, influence alarmante des gourous, criminalité organisée, émancipation féminine, voyeurisme, marchandisation de la souffrance et des corps, quête d’identité, émancipation féminine et plus largement condition de la femme dans une société patriarcale… Un bon moment de lecture avec ce page-turner, à la fois film roman Bollywood, roman d’apprentissage et thriller psychologique!

Je n’ai pas lu les autres romans de cet auteur ni vu l’adaptation en film de l’un d’entre eux, Slumdog Millionaire. Je compte bien les découvrir dès que se faire se peut en commençant peut-être par Meurtre dans un jardin indien, un roman policier disponible à ma médiathèque en ce moment. 

Pour d’autres avis sur ce roman: Hilde (qui a tout autant apprécié que moi). 

Participation #1 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #LC

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Prénom: « Devi »

Participation #4 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Thriller psychologique

Throwback Thursday Livresque: Trope mariage arrangé

TTL n°350 chez Carole #Trope Mariage arrangé

Ce jeudi 29 janvier 2026, je participe au Throwback Thursday Livresque, un rendez-vous livresque initialement chez Bettie Rose Books et repris depuis par Carole, les liens étant à déposer chez My-Bo0ks. Le principe est de partager chaque jeudi un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Cette semaine, le thème est « Trope mariage arrangé ».

Avec un tel thème et comme je l’indiquais déjà la semaine dernière, il y a de quoi avoir le choix, que ce soit du côté des romances historiques ou des romantasy, même s’il est vrai que souvent c’est le personnage féminin qui tente de fuir au départ un mariage plus qu’arrangé mais forcé ou le personnage masculin qui se convainc de faire passer son devoir (et le retour de fortune de la dot) avant l’amour dans un mariage de convenance. Alors voici ma sélection pour cette semaine: 

  • le tome 1 du Pont des Tempêtes de Danielle L. Jensen (éd. Bragelonne, coll. Fantasy, mars 2023, 442 pages), une romantasy avec le mariage arrangé dans le cadre d’un Traité de paix entre Lara Veliant, fille du roi de Maridrina et Aren Kertell, roi d’Ithicana, la jeune femme ayant été élevée dans le seul but de le tuer
  • le tome 1 des Maclean, Un cœur en Écosse de Liv Fox (éd. Autoédition, juillet 2022, 405 pages), une romance historique se déroulant en Écosse en 1820 avec le mariage arrangé entre Charlene Brighton, une Anglaise timide et un jeune laird écossais, Neil Maclean
  • le tome 3 de la Ronde des Saisons, Un diable en hiver de Lisa Kleypas (éd. J’ai lu pour elle, coll. Aventures & Passion, 2013, rééd. juillet 2021, 384 pages), une romance historique avec Evangeline Jenner, une jeune femme timide et bégayante mais riche qui propose un mariage de convenance à Sebastian, lord Saint-Vincent, un débauché désargenté afin d’échapper à un mariage forcé
  • le tome 2 de Longhope Abbey, Les défis d’Arabella de Mia Vincy (éd. J’ai lu pour elle, coll. Aventures & Passion, novembre 2021, 371 pages), une romance historique entre Arabella et Guy, le marquis de Hardbury, de retour à Londres après huit ans d’absence et qui met un terme à l’accord de mariage conclu par leurs parents respectifs lorsqu’ils étaient enfants et contraignant la jeune femme à accepter de se fiancer à lord Sculthorpe

Je finirai toutefois cette sélection avec des fiançailles en vue d’un mariage arrangé avec Peau d’Homme d’Hubert et Zanzim (éd. Glénat, 2020, 160 pages), un roman graphique se déroulant dans l’Italie de la Renaissance: Bianca, une jeune femme de 18 ans de bonne famille, sur le point de se marier, découvre un secret de famille bien gardé qui lui est révélé par sa marraine: une peau d’homme qui lui permet en l’enfilant de devenir un homme, Lorenzo et ainsi approcher son futur mari, Giovanni pour mieux le connaître

Et vous, quel livre auriez-vous choisi pour cette thématique? La semaine prochaine, le thème sera: « Une comédie romantique ».

Au fil des pages avec Sa Majesté des Mouches

Lu en version numérique via ma médiathèque il y a un an sans l’avoir chroniqué, je profite de la lecture commune proposée par Nathalie pour ce 28 janvier 2026 dans le cadre de son challenge 2026 sera classique aussi! pour faire ce billet sur Sa Majesté des Mouches d’Aimée de Jongh, d’après William Golding (éd. Dargaud, septembre 2024, 352 pages), un roman graphique adaptant le roman éponyme paru pour la première fois en 1954 et qui m’avait marqué lorsque je l’avais lu en lecture imposée en cours de français au collège. Le roman jeunesse à partir de 12/13 ans est d’ailleurs recommandé par le Ministère de l’Éducation Nationale en classe de 5e et 4e. 

Un groupe de jeunes garçons issus de la haute société anglaise, de 6 à 12 ans se retrouvent seuls, sur une île déserte du Pacifique et sans adultes, après le crash de leur avion, pendant le Seconde Guerre Mondiale (même si cela reste plus flou dans le roman). Au début, tout est vu comme des vacances où il est bon de s’amuser, en attendant les secours. Il faut pourtant bien s’organiser pour survivre en établissant quelques règles de savoir-vivre avec la conque, la recherche de nourriture et d’eau, la construction des cabanes ou l’entretien du feu… Les divergences attisées par la peur d’un monstre rôdant sur l’île se font très vite ressentir, deux clans s’affrontant entre ceux restant « civilisés » derrière Ralph secondé par Simon et Cochonnet (Porcinet dans le roman) et les autres, laissant libre cours à la loi du plus fort derrière Jack, obnubilé par la chasse.

L’aspect paradisiaque et la joie du début se transforment en une ambiance plus sombre et inquiétante, leur éducation s’effritant dans la violence et la sauvagerie sans limites. Sans cadre de vie et de règles sociales, un individu est-il par nature mauvais et méchant? Quelle part d’humanité reste-il alors? La peur et la cruauté viennent-elles de l’extérieur ou sont-elles intrinsèques à l’individu, même un enfant? Il y est ainsi question de la nature humaine, du vivre ensemble, de survie d’un groupe d’enfants et adolescents laissés à eux-mêmes, de la perte de l’innocence, de la fragilité de la civilisation…  

Graphiquement, j’ai une nouvelle fois bien apprécié le coup de crayon de cette autrice-dessinatrice que j’avais découverte avec un de ses romans graphiques précédents, Jours de sable (éd. Dargaud, mai 2021, 288 pages). J’ai trouvé qu’elle retranscrit bien les différents personnages, leur évolution physique et intellectuelle au fil des semaines avec la perte des repères et des règles, les jeux de pouvoir et de domination prenant le pas sur leur humanité. Une adaptation réussie et fidèle du roman dont on retrouve le pessimisme et la tension si dramatique! 

Je pense toutefois qu’il vaut mieux avoir lu le roman originel avant. En effet, format « graphique » oblige, la psychologie des personnages est moins approfondie et certains passages moins détaillés que dans le roman, le groupe de garçons imaginé par William Golding étant un miroir bien peu reluisant de celui d’une nation avec ses différents partis politiques. Je pense notamment à Porcinet et les humiliation subies (on parlerait de harcèlement aujourd’hui), la mise à mort du cochon et la sacralisation de sa tête « Sa Majesté des Mouches », le basculement dans la cruauté, les cochons sauvages n’étant pas les seuls tués. L’ironie du sort reste qu’au départ, ce sont des garçons qu’on a voulu préserver d’une guerre qui fait rage en les éloignant du conflit entre adultes et pourtant ils se retrouvent eux-même au sein de leur propre triste réalité. 

Pour d’autres avis sur le roman graphique: Nathalie, Audrey et Fattorius ou sur le roman jeunesse: Isabelle

Participation #3 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #Classique jeunesse anglais (1954)

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Animal: « Mouches »

La BD de la semaine chez Blandine pour cette semaine

Participation #17 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Roman jeunesse/BD

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