Étiquette : Challenge Petit Bac 2026 (Page 5 of 9)

Au fil des pages avec Merlin et Chou chez les Chevaliers

Nous avons lu Merlin et Chou chez les Chevaliers d’Adam Stower (éd. Flammarion Jeunesse, mars 2025, 192 pages), un roman jeunesse illustré pour les 8/10 ans avec un nouveau duo détonant et attachant. Merlin, un chat très gourmand et pantouflard vit dans la maison de Cataplaf, un sorcier maladroit qui a accidentellement envoûté sa chatière et transformé son chou à la crème préféré en lapin avec une queue de cerise, Chou. A tout moment, Merlin peut être propulsé dans une autre époque, dès qu’il passe la chatière avec Chou. 

Dès les premières pages, le ton est donné. Dans ce premier tome, Merlin et Chou atterrissent dans la salle du trône, en plein Moyen-Age, le Roi organisant un tournoi de joute, à la demande de Sire Vilain, au grand désarroi de la princesse qui n’entend accepter aucun mariage arrangé. Avec Chou, Merlin arrivera-t-il à sauver la princesse Rosépine? 

Même si le duo Merlin & Chou repose sur une dynamique bien connue, cela fonctionne très bien, entre un lapin surexcité et curieux de tout et un chat un peu maladroit et qui aime la sieste, à l’instar des rebondissements farfelus et quiproquos fantaisistes imaginés par l’auteur-illustrateur. Les illustrations en noir et blanc y contribuent également, très dynamiques et expressives. Nous avions bien rigolé, par exemple avec la monture et l’accoutrement de Merlin lors de la joute et les onomatopées de Chou dont la pensée se résume dans les bulles à « Chou »! Merlin se trouve entraîné par l’insouciance de Chou, toujours prêt pour une aventure et qui pense à tort que lors d’une joute, il y aurait sûrement du trampoline et des brioches à la confiture.

Il y est ainsi questions d’aventures rocambolesques, d’amitié, de solidarité, de courage… Il y a également un petit côté féministe avec Rosépine, une princesse prenant en main sa vie en choisissant un roturier, Tim Terreux et sa passion du jardinage, même si elle aura besoin de l’aide de Merlin. Un bon voire très bon moment de lecture rigolo et gourmand avec la découverte du premier tome de cette série, Merlin et Chou! Mon mini lutin a déjà lu le tome 3, Merlin et Chou chez les pirates d’Adam Stower (éd. Flammarion Jeunesse, octobre 2025, 192 pages) qu’il m’a conseillé également de lire en attendant de pouvoir découvrir le tome 2, Merlin et Chou chez les Vikings. Un dernier tome vient est paru fin mars 2026, Merlin et Chou chez les Fantômes que nous garderons de côté pour Halloween. 

Participation #26 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Album jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Mot au pluriel: « Chevaliers »

Au fil des pages avec le tome 1 de La petite faiseuse de livres

Nous avons lu le tome 1 de La petite faiseuse de livres de Miya Kazuki, Suzuka et You Shiina (éd. Ototo, février 2020, 160 pages), un manga shōnen à partir de 10 ans, l’autrice adaptant sa série de light novels éponyme. Étudiante bibliovore écrasée par le contenu de ses bibliothèques lors d’un séisme, Urano Motosu se réincarne dans la peau d’une fillette chétive de 5 ans, Maïn, dans un monde d’aspect médiéval avec un fort taux d’illettrisme au sein de la population pauvre dont fait partie sa nouvelle famille. A défaut de livres, pourra-t-elle en fabriquer un?

Attirée par le pitch de ce manga, je l’ai bien apprécié, tant l’intrigue que graphiquement. Tout ce premier tome est axé sur la quête désespérée de la fillette pour mettre la main sur un livre, ce qui nous permet également de découvrir à ses côtés un monde qui en est dépourvu, en tout cas pour les plus pauvres tant c’est un objet de luxe, rare et cher. Les personnages sont attachants comme la mère, le père et la sœur aînée de Maïn et leurs amis, tous dévoués, solidaires et travailleurs. Ils sont très vite surpris par la nouvelle attitude de la fillette qui apporte un vent de fraîcheur et de nouveautés à la maison, que ce soit avec les conditions d’hygiène et de propreté ou son obsession pour la lecture, entraînant des incompréhensions de leur part, le mot « livre » par exemple leur étant inconnu. Heureusement, la fillette se souvient de ses lectures passées pour fabriquer du shampoing, des bougies et un parchemin… Un bon voire très bon moment de lecture! J’ai hâte de découvrir les prochains tomes de cette biblio-fantaisie, ayant vu qu’il y avait également un deuxième arc narratif traduit en français et disponible à ma médiathèque. 

La BD de la semaine chez Noukette pour cette semaine

Participation #6 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Manga shōnen

Participation #24 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Manga Shōnen

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Objet: « Livres »

Au fil des pages avec Le Chat qui venait du ciel

J’ai lu Le Chat qui venait du ciel de Hiraide Takashi et illustré par Qu Lan (éd. Picquier, octobre 2017, 136 pages), un court roman autobiographique décrit par l’éditeur comme un livre-poème dans lequel les dessins de chat jouent à cache-cache avec le texte. A la fin des années 80, un couple de trentenaires loue le pavillon d’une ancienne demeure japonaise, entourée d’un immense et splendide jardin. Les propriétaires, un couple âgé, leur ont imposé dans les conditions de bail de n’avoir aucun enfant ni animal de compagnie. Mais cette tranquillité est un jour mise à mal par l’arrivée d’un chaton adopté par une famille voisine, leur petit garçon le nommant Chibi. Celui-ci ne cesse de venir chez eux au point que le couple attend, chaque jour, avec de plus en plus impatience sa venue. Et si cela contribuait à apporter un peu de bonheur à leur quotidien?

J’avoue mettre ennuyée à la lecture de ce premier roman de l’auteur, tant la relation qui se noue entre le chat, sa femme et lui, à la fin des années 80, m’a paru immature et sans véritable lien affectif. Contre toute attente, le narrateur et sa femme semblent pourtant s’être inéluctablement attachés à ce chat qui n’est pourtant pas le leur. Malgré sa brièveté, le texte m’a paru décousu et avec bien trop de longueurs, entre des descriptions bien pointilleuses de leur habitat et de leur quotidien sans grand intérêt ou des digressions qui m’ont semblé bien inutiles ou incongrues sur Machiavel ou De Vinci…

Certains propos étaient pourtant intéressants, même s’ils sont juste évoqués, l’auteur se souvenant d’une période charnière dans sa vie avec un changement d’emploi et qui fait écho aux changement sociétaux de l’époque avec la crise financière et immobilière des années 90. Mais cela reste en arrière fond. Si je n’avais pas lu récemment Les évaporés du Japon, je n’en aurai pas compris l’importance pour ce couple de trentenaires qui va être contraint de rechercher un nouvel appartement tout en souhaitant rester proche de leur ancien lieu de vie. 

Cette partie nostalgique rappelle, si besoin était, l’importance de savoir profiter de l’instant présent et des petits bonheurs simples du quotidien. Il est, en effet, question de rencontres inattendues et éphémères qui peuvent changer le court d’une vie ou des choix à faire, à l’image de ce chat libre d’aller et venir à sa guise, du jardin et de leur propriétaire très âgée. Heureusement, il y a les jolies illustrations de Qu Lan mettant en scène les facéties du chat à la bouille trop mignonne. 

Participation #5 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Court roman

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Déplacement: « Venait »

Au fil des pages avec Kotori et les singes du mont Fuji

Nous avons lu Kotori & les singes du mont Fuji d’Alice Monard et Morgane Boulier (éd. Akinomé, mai 2023, 24 pages), un album jeunesse à partir de 2/3 ans et joliment illustré sur du papier de qualité. Kotori, une petite fille visite avec sa tante le Mont Fuji jusqu’à ce que leur ascension dans la montagne soit perturbée par un groupe de singes qui laissent derrière eux un bébé singe (un macaque japonais). Avec son petit compagnon ailé Tama, Kotori parviendra-t-elle à l’aider à retrouver les siens?

L’histoire d’entraide est toute mignonne et permet de s’émerveiller, comme Kotori, sur ce qui nous entoure, faune et flore. J’ai également bien apprécié les illustrations accompagnant à merveille le court récit. Elles sont très colorées, épurées et avec pourtant plein de petits détails, dans le style des peintures sumi-e dont l’illustratrice s’est fortement inspirée avec un respect de la Nature. On y voit également un sanctuaire shinto tel qu’il en existe plusieurs sur le parcours du Mont Fuji comme des torii. Pour les petits lecteurs, il est également rigolo de rechercher dans chaque illustration Tama (un pic épeiche) ou les petits insectes et végétaux qui parsèment les doubles pages. Un bon voire très bon moment de lecture pour tous les passionnés de la Nature! Sans oublier un passage gourmand avec les onigiris. Il existe un autre tome mettant en avant un autre animal qu’on peut voir au Japon, l’ours brun : Kotori & l’ourson d’Hokkaido (mais qui était déjà emprunté à notre médiathèque).

Pour d’autres avis sur ce tome: Hilde et Nathalie. 

Participation #4 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Mont Fuji

Participation #23 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Album jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Couleur: « Singes »

Au fil des pages avec Les évaporés du Japon

J’ai lu Les évaporés du Japon, Enquête sur le phénomène des disparitions volontaires de Léna Mauger et Stéphane Remael (éd. des Arènes, novembre 2014, 260 pages). Accompagnée de son conjoint photographe, la journaliste a pendant plusieurs séjours au Japon enquêter sur ces évaporés – les « johatsu », non sans rencontrer des difficultés tant le sujet est tabou. Pourtant, ce phénomène semble faire partie de la culture japonaise, 100 000 personnes environ chaque année faisant ce choix radical, entre honte et déshonneur. Débarrassés de leur passé, les évaporés tentent de refaire leur vie dans les marges de la société. Mais peuvent-ils vraiment l’oublier?

J’ai également emprunté sa réédition en mai 2025 plus courte (224 pages), certains paragraphes ayant été retirés par rapport à la première édition, une erreur corrigée, l’apogée de ce phénomène dans les années 90 après l’explosion de la bulle financière culminant à 120000 et non « 120 million » par an (p.40) puis, à nouveau, lors de la crise économique de 2008 ou d’autres erreurs de frappe. Le texte s’est enrichi d’un titre par chapitre mais les photographies de Stéphane Remael sont bien moins nombreuses, et seulement en début et fin du livre, ce qui perd, je trouve, ce côté « immersion ». J’ai, en effet, trouvé que le fait de les intercaler entre les chapitres, dans la première édition, permettait de mettre un visage sur l’évaporé dont il était question. La préface et le postface du photographe ont également été retirés. Au vu de cette réédition, je m’attendais à voir cette enquête enrichie sur la dernière décennie, ce qui n’est pas le cas.

Peut-être est-ce dû au fait que le couple soit français et ait donc eu besoin d’interprètes mais j’ai trouvé par moment que le propos restait dans une problématique plus française que japonaise et que cela manquait de profondeur et d’analyse, en s’éparpillant parfois avec par exemple les pachinkos, otakus, les camps de redressement pour cadres supérieurs ou bien Fukushima… Le profil des évaporés, bien que touchant, est un peu redondant, la plupart étant des japonais âgés ayant disparu il y a longtemps car ils étaient endettés et vivant dans des conditions de vie précaires, devenant de la main-d’œuvre docile, silencieuse et exploitable à bas prix pour les tâches les plus ingrates. Ils ont choisi de vivre dans la clandestinité et une pauvreté pire que ce qu’ils fuyaient et laissant leurs proches sans nouvelles. Parfois, ce sont des familles entières qui s’évaporent. Cela crée également un marché parallèle de la disparition, avec des « déménageurs » un peu spéciaux et des détectives partant à leur recherche à la demande de leurs proches, souvent quand se pose la question de l’héritage… Le retour semble impossible, ceux qui ont tenté de retrouver leur vie d’avant étant souvent mal accueillis ou encore plus perdus en découvrant que la vie a continué sans eux, leur conjoint s’étant remarié par exemple car ils ont été déclarés décédés. 

A travers leurs témoignages, c’est un Japon qui se dessine peu enviable avec une société très inégalitaire et discriminatoire avec l’existence de castes comme en Inde avec les burakimin, de racisme, de quartiers défavorisés aux mains des yakuzas comme Sanya à Tokyo, de la soumission de l’individu pour le bien de la société, de l’esprit de compétition et de réussite sociale poussée à son paroxysme et apportant son lot de suicides comme sur les falaises de Tojinbo, de non-confiance en soi, de sentiment d’échec et d’évaporés suite à un licenciement ou une séparation amoureuse, de solitude, d’isolement social ou familial, de burn-out… Ils m’ont fait penser au parcours des étrangers en situation irrégulière alors qu’ils sont et demeurent citoyens japonais. Une enquête intéressante comme point de départ et qui m’a donné envie de continuer à faire des recherches et découvrir d’autres livres sur ce thème comme le roman d’un auteur français, Les évaporés de Thomas B. Reverdy ou son adaptation en BD!

Pour d’autres avis sur cette enquête journalistique: Hilde.

Participation #2 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Enquête journalistique

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Déplacement: « Évaporés »

 

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